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Marie Belorgey

Mon travail de gravure commence, il y a une quinzaine d’années, par une rencontre avec le métal, et le besoin, préalable à celui d’affirmer une image définie, d’éprouver ses qualités, sa résistance, et d’établir avec lui un dialogue physique passant par le maniement parfois tâtonnant, parfois brutal, des outils. C’est de là que sont issues les gravures procédant par séries, comme les Grand Gris. Loin du dessin, de la maîtrise ou de la conquête d’une forme, j’y grave alors dans tous les sens, d’abord par grattement timides et lignes frontières à peine, puis furieusement, selon des amorces et des rythmes de plus en plus divers, aussi bien en tiré qu’en poussée, en va et vient, rature, percussion, griffure… Les gestes peuvent être vastes ou infimes, parfois obsessionnellement répétés, ordonnés ou erratiques, et les intensités vont de l’effleurement à la déchirure profonde. Les mêmes matrices régulièrement retravaillées par suite de reprises et d’effacements – d’écrasements – successifs, dans une alternance de condensation et de déploiement, donnent lentement naissance à de nouveaux états derrière lesquels vibre encore l’ombre d’états anciens – fossiles, fantômes, gardiens. Mémoires. Celle du minéral marqué, témoin momentané de ce qui va disparaissant; celle qui parcourt la chair, se cherchant dans les gestes, les rythmes, les appuis, les sons, en quête de corps d’emprunt, fluctuants, qui la rassemble sans la figer, où s’interpénètrent les règnes et les échelles – organismes, paysages, météores.

Diplômée de l’Ensad, puis de l’université Paris Descartes en art-thérapie, j’ai jusqu’en 2019 partagé mon temps entre mes recherches personnelles et des interventions dans différentes institutions de soin de la région parisienne. J’enseigne actuellement le dessin et la gravure à Lorient.

SALON MULTIPLES

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